Le Centre | Rencontres | Cinema | Cours | DELF/DALF |Medecine France-Bosnie|
De retour à Sarajevo / Retour de Sarajevo
| Stolac | Galerie | Actu | Contact | Liens



- Le Centre

- L'équipe

- Centre Georges Pompidou, hommage au Centre André Malraux

 

Juan Goytisolo
traduit et lu par Aline Schulman.

L’hommage du Centre Pompidou au Centre André Malraux de Sarajevo, créé en juillet 1995, quand les extrémistes serbes s’acharnaient sur la ville, au milieu de l’indifférence et de l’incompréhension des pays européens, est à la fois un hommage à l’héroïsme et à la ténacité des habitants de la capitale, et à l’engagement intellectuel et moral du fondateur du Centre, Francis Bueb. Dès le début du siège, Francis a su rassembler autour de son Association Paris – Sarajevo les intellectuels et les gens de bonne volonté qui dénonçaient la conspiration du silence face à un génocide perpétré au vu et su des armées censées l’empêcher. Je n’oublierai jamais quand il est venu chez moi, à la vieille de mon premier départ pour Sarajevo, m’offrir son gilet pare-balles. Il commençait déjà à trouver les hommes et les moyens nécessaires pour établir une sorte de pont aérien entre la France et les victimes de la barbarie des milices de Karadzic et de Maladic. Son engagement pour la cause bosniaque, à laquelle il consacrait déjà tout son temps, frôle la sainteté laïque décrite par Camus. Une fois installé à Sarajevo, il a su, grâce à son merveilleux désordre créatif, coordonner nos efforts à tous autour de son projet : rendre la ville dévastée à l’Europe à laquelle elle appartient. Avec des moyens de fortune, mais avec une passion sans faille, Francis Bueb a créé le Centre André Malraux, que j’ai eu l’occasion de visiter dès la fin du cauchemar. Là-bas, entouré de ses collaborateurs, une cigarette encore fumante dans le cendrier, il organise et met en place des programmes culturels et éducatifs dans une atmosphère cordiale et complice. Comment ne pas aimer de tout mon cœur un homme si singulier, unique en son genre ? Mon amitié pour lui est à la mesure du personnage qui l’inspire.

Juan Goytisolo

 

© 1995 - 2011 Centre André Malraux.