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De retour à Sarajevo / Retour de Sarajevo
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Claude Bleton

Sarajevo, ce fut pour moi le choc d’une détresse affamée, assoiffée, gelée, en butte à toutes les misères, et en plus avide de culture.
Quelques phrases résonnent encore dans ma tête :

  1. Vous parlez si bien le français, comment l’avez-vous appris ?
  2. Par amour.
  3. C’est une belle façon d’apprendre.
  4. Quand l’autre amour se fait tuer dans les collines, on n’a guère le choix.

 

Ou bien Esad Durakovic, traducteur des Mille et une nuits en « serbe, croate, bosniaque », selon ses propres termes :

  1. Pourquoi avez-vous traduit les milles et une nuits, environ quinze mille heures de travail ?
  2. Pour ne pas devenir fou. J’ai commencé ce travail à la lueur des flammes qui dévoraient la grande bibliothèque.

Sarajevo, c’est pour moi aujourd’hui le symbole d’une exigence de culture aussi élevée que l’exigence de satisfaire la faim et la soif et le bien-être d’un être humain. A Sarajevo j’ai mieux compris l’être humain et j’en remercie directement Francis Bueb, qui ne se trompe pas dans les grands choix, aux moments décisifs.

Arles, 16 octobre 2005


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