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La librairie "Paris-Sarajevo" à l'Association Paris-Sarajevo-Europe
En septembre et octobre 1994, rue du Maréchal Tito, artère principale de la vieille ville de Sarajevo assiègée, une librairie-galerie française baptisée "Paris-Sarajevo" a été ouverte avec le soutien du quotidien Oslobodjenje.
Durant cette période, malgré le danger que représentait tout déplacement, près de deux mille visiteurs ont franchi ses portes.
Des milliers de livres neufs ont été mis à la disposition des habitants, ainsi que des vidéos offertes par Alain Cavalier et Chris Marker, tandis que des photographies de Gérard Rondeau étaient exposées. Cette expérience a révélé des attentes si nombreuses et si fortes qu'il a paru indispensable, après la fermeture de la librairie, de la reprendre, la développer et la rendre permanente. C'est ainsi qu'a été créée l'association Paris-Sarajevo-Europe, à l'initiative de Francis Bueb, soutenue par de nombreuses personnalités - parmi lesquelles: Agnès b., François Barre, Jane Birkin, François Chaslin, Alain Cavalier, Zlatko Dizdarevic, Antoine Gallimard, Paul Garde, Roman Goupil, Juan Goytisolo, Nikola Kovac, Bernard-Henri Lévy, Florence Malraux, Chris Marker, François Maspero, Edgar Morin, Claude-Eric Poiroux, Jean & Olivier Rolin, Nathalie de Saint-Phalle, Maren Sell, Jorge Semprun, Alain Souchon, Olivier Todd et la Fondation Hachette.
L'objectif de l'association, durant la guerre, était de permettre aux habitants de Sarajevo de maintenir un lieu vivant et fraternel avec le monde, au moyen de manifestations culturelles: lectures, rencontres, cinéma, colloques, concerts, aide aux artistes et intellectuels bosniaques.
Le très vif écho rencontré par les diverses initiatives de l'association Paris-Sarajevo-Europe a conduit ses animateurs à envisager l'ouverture d'un centre de rencontres et d'action culturelle, au centre de la vieille ville.
Né de la guerre et dans la guerre, sous le perrainage emblématique d'André Malraux, incarnation d'une révolte, le centre André Malraux a été le premier centre culturel à ouvrir à Sarajevo, au mois de juillet 1995, plusieurs semaines avant les accords de Dayton. Il est situé en face du marché Markale dont le nom évoque l'un des plus sinistres épisodes du siège.
Pour les francophones de Sarajevo, mais aussi pour tous ceux qui n'ont jamais cessé d'espérer un soutien de la France, le Centre André Malraux veut non seulement garantir une présence fraternelle, mais aussi contribuer à la reconstruction de la vie culturelle de Sarajevo et de la Bosnie-Herzégovine, et au tissage de nouveaux liens avec la France et l'Europe.
La période de transition amorcée par Dayton est particulièrement critique, au sens où elle n'offre plus, ou beaucoup moins, la force paradoxale que donne la nécessité de survivre. Elle l'est aussi parce que l'oubli menace une ville meurtrie et épuisée par quatre années de siège, qui a plus que jamais besoin d'aide.
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